Haras des Mirys

 

Couleur des chevaux de Saint-Georges et de Saint-Michel, patrons de la chevalerie, le blanc était aussi l’emblème de la souveraineté, du merveilleux et du surnaturel ; les licornes étaient toujours blanches. C’était aussi la couleur des haquenées du Pape. Le cheval, en tant qu’instrument de prestige, emblème de la noblesse, devenait par sa prestance et sa couleur un identificateur social et moral.













Le Christ Vainqueur, monté sur un cheval blanc, dont l'archétype est l'Adventus Augusti, est d'inspiration orientale, byzantine plus précisément. C'est un Cavalier Fidèle, l'image du Chevalier, donc celle du Croisé, ici entouré par 4 anges cavaliers. On y voit alors une référence à l'Apocalypse de Jean, c'est l'idéologie de la chevalerie qui prend racine dans l'illustration des cavaliers de l'Apocalypse, et notamment de celle du "cavalier blanc", remis à la mode du jour pour les Croisades.

En remontant la filiation, nous arrivons aux Beatus, manuscrits espagnols du Xe-XIe siècle, où sont représentés les 4 cavaliers de l'Apocalypse ; le premier d'entre eux, le Cavalier Fidèle et Vrai, assimilé au Christ est monté sur un cheval blanc ou "moucheté" ce qui pourrait être une robe grise, ou gris truité. Des chercheurs ont réfléchi à l'origine de ces représentations qui illustrent un texte qui est généralement suivi à la lettre, à quelques variations près, comme les tâches sur les chevaux blancs (voir LÉOPARD). L'archétype envisagé : le symbolisme indo-européen des couleurs (associées à trois fonctions). Même si l'interprétation des couleurs et des attributs des cavaliers a varié au cours du temps, dépendante de l'idéologie en cours, l'héritage indo-européen reste le seul moyen d'expliquer ses images, surtout les plus anciennes. Par exemple, le premier cavalier tire avec un arc, le haut du corps tourné vers l'arrière ; en fait, c'est une technique de guerre Scythe et Parthe. Plusieurs autres indices comme celui-ci pointent la filiation aux traditions iraniennes ; ce serait donc en Perse que le gris serait apparu ou aurait été sélectionné. Cette modification génétique altérant la couleur de base du cheval jusqu'à sa disparition totale pour laisser place au blanc a pu paraître miraculeuse à l'époque, voir d'ordre divin.

Mais d'autres dilutions se cachent sous le manteau blanc de l'iconographie ancienne. Sur la peinture des Riches Heures du Duc de Berry, la haquenée de couleur blanche montée par une femme assise en amazone, tenant les rênes dans sa main droite et portant un faucon de la gauche, a les yeux clairs, ce qui indique la présence de gènes de dilution. Les yeux n’étant pas bleus, ce n'est pas un cremello. Le vert ou l’ambre clair peint sur la miniature montre qu’il s’agit plus probablement de l’association de deux gènes de couleur - soit le champagne-crème, soit le pearl-crème, sur une base alezane.
 

Cheval de guerre espagnol

de type genêt, capturé à la bataille de Nieuwpoort,

Jacques de Gheyn II,

1603 - Robe sabino maximum

Les Très Riches Heures du duc de Berry, peinture des frères Limbourgentre 1410 et 1416

Christ vainqueurmonté sur un

palefroi blanc allant à l'amble

Palefroi blanc, typé Genet, allant à l'amble - XVe s.

Henri II sur un palefroi blanc

1543

Haquenée ou

palefroi allant à

l'amble

XVe s.

Mythe et réalité

Chevaux Blancs

Chevaux Blancs