Haras des Mirys

 

Le complexe léopard est un des gènes modificateurs les plus anciens au monde. On trouve des représentations de chevaux near-leopard en Europe dès les temps préhistoriques, comme dans la grotte de Pech Merle (France) au paléolitique.

Devenu relativement commun sur le continent américain, l'appaloosa léopard a été plus rarement préservé dans certaines races européennes, — chez le Noriker, le Knabstrupper, etc — obtenus par le croisement de juments indigènes avec des chevaux de souche espagnole. Dans l'Europe du XVIIe et XVIIIe siècles, cette robe était assez recherchée ; elle a souvent été représentée dans la peinture. C'est la robe favorite de Ridinger qui la pose sur un étalon autrichien faisant des figures de Haute École. Elle semble liée aux origines du cheval baroque, sans doute au travers des chevaux de la péninsules ibériques et originaires d'Afrique du Nord.

En remontant dans le temps, on trouve dans les manuscrits espagnols (Beatus), sur les montures des Saints accompagnant le Christ Vainqueur, une couleur qui pourrait s'apparenter à une robe léopard. Durant l'Antiquité, la présence d'appaloosa léopard en Afrique du Nord est attestée par deux mosaïques. L'une carthagénoise est datée de l'époque byzantine ; la taille des tâches et leur répartition permet de confirmer le léopard. Sur la seconde, datée de l'époque d'Adrien et retrouvée à Bulla Regia, en Algérie, le moucheté est plus fin, descendant jusque sur les membres.

Chevaux sacrés

Chevaux appaloosa léopard

Chevaux léopard

Une seule couleur et divers types régionaux, pourtant la couleur ne peut pas se détacher si facilement du corps qu'elle habille.

J. G. Hamilton - fin XVIIe, début XVIIIe s.

Grotte ornée de Pech Merle

Paléolithique

Homme saint  monté sur un cheval léopard, - Oasis de Khotan - VIe siècle

C'est ce type d'appaloosa que l'on retrouve peint par les enlumineurs espagnols du du XIe s. sur les chevaux qui illustrent les copies de l'apocalypse du Beatus. A côté de la couleur, on y retrouve l'attitude même du cheval, signant ainsi l'origine de l'emprunt stylistique.

Regardant vers l'Est, le Karabair et l'Altai mongole restent les deux races principales des plaines d'Asie centrale relevant de ce lointain héritage, une filiation qui transparait au travers d'une peinture datée du VIe siècle découverte dans l'Oasis de Khotan, deux siècles avant l'arrivée de l'Islam. Khotan se trouvait sur la route de la Soie. La peinture trouvée dans un monastère bouddhiste du désert de Taklamakan représente un cheval au modèle très baroque allant à l'amble et portant une robe léopard avec de magnifiques tâches en forme de feuille. Dans ce lieu entre Chine et Perse, cette robe apparaît comme la marque visible des échanges qui s'y sont produits entre ces deux cultures, jusqu'à ce que Khotan disparaisse au XVIe siècle. C'est aussi un appaloosa végétal qui est peint dans une scène de chasse française du XVIIIe siècle. Ce type d'appaloosa qui semble avoir une origine orientale serait arrivé en Europe par la route de la soie, avant d'être embarqué au XVe siècle sur les navires des Colons vers le nouveau monde comme le prouve ce cliché de 1895 d'un cheval Nez Percés.

Cette couleur très ancienne trace les origines et le parcours géographique que des générations de chevaux ont effectué, au gré des migrations naturelles et humaines, depuis la préhistoire en partant de l'Europe, puis jusque dans les plaines d'Asie centrale, et jusqu'en chine, pour revenir en Afrique du Nord et en Europe, avant de rejoindre le continent américain à l'époque moderne.

Tunisie - Bulla Regia  Mosaïque avec scène de chasse, villa datant de l'époque d'Adrien

Mosaïque de Bordj-el-Djedid Carthage, Ve-VIe s.

Beatus d'Osma, Christ vainqueur, manuscrit espagnol

La Duchesse de la Valière, début XVIIIe s. - Col. du Maréchal de Tessé, Les Maitresses du Roi

Nicolas Berchem (1620-1683)

Appaloosa near léopard

Paulus Potter, 1653

Patron appaloosa léopard

Cheval Mongol, 1920

Léopard capé

chez les Nez Percés 1895

Joueuses de polo montées sur des appaloosa capé léopard, période Tang, Chine, VIIIe s.