Haras des Mirys

 

dans l'occident médiéval


C'est aussi un élément de prestige : on utilise son image sur les sceaux, mais le thème équestre est toujours développé autour du couple cheval-cavalier, ce dernier apparaissant comme une sorte de centaure armé.


Il témoigne d'un des aspects de la société féodale : le seigneur doit servir son suzerain et protéger son vassal. Et il le fait à cheval, armé et l'épée haute. C'est pour cette raison que le sceau équestre est, à partir du XIe siècle, un type en faveur dans l'aristocratie laïque. À partir du XIVe siècle, le sceau aux armes remplace le sceau équestre, le réduisant au bouclier armorié et au casque qui portent tous deux la marque de la maison du seigneur. C'est la grande époque des joutes et des tournois.


Le dossier médiéval du cheval est assez pauvre en raison du peu d'informations disponibles : les sources écrites — chroniques, cartulaires, actes divers — n'accordent que peu de place au cheval ; les mentions sont brèves, allusives, plus axées sur l'usage de la monture ou les exploits du cavalier. Pourtant le cheval est indispensable à la vie médiévale : pour la guerre, la chasse, les voyages, les transports, et dans une moindre mesure, l'agriculture. Aux questions : quels étaient les milieux d'élevage, quels types de chevaux y trouvait-on et qui les faisait grandir, qui les éduquait ?

 

En Europe occidentale, au Moyen Âge, dans toutes les régions où la classe chevaleresque existe, il y a des chevaux. Des plus modestes sires aux plus prestigieux vicomtes, et autres princes, tout le monde possède sa monture. C'est avant tout un objet de luxe et de loisir. Dans le Limousin des XIe et XIIe siècle, un beau cheval coûte la moitié d'un petit domaine. En 1153, l'évêque de Soissons fait son entrée dans sa vile sur une monture d'apparat : un cheval limousin qu'il a échangé contre 5 serfs.

Chevaux de guerre et montures de luxe

Dès le XIe siècle, on trouve mention dans les sources littéraires d’Europe occidentale de plusieurs types de chevaux, répertoriés selon les services qu'ils peuvent rendre et parfois selon les régions dont ils proviennent : destinés à servir à la guerre, comme à satisfaire les désirs de luxe de la classe nobiliaire, et notamment à participer à leurs loisirs, — principalement la chasse, les courses, les joutes et les tournois. Coursiers, roussins ou roncins, destriers, palefrois, haquenées et genets de France et d'Espagne, autant de dénominations qui rendaient compte avant tout de leur utilisation et parfois de leur provenance géographique. Mais pas de trace de l'existence de races ou de modèles ayant posséder leur propre appellation.


Le principe fondamental de la conformation équine est "une forme pour une fonction". Malgré le silence des textes on peut supposer que ces chevaux ont fait l'objet d'une sélection raisonnée, adaptée à leur fonction, — d'où les appellations dédiées —, sélections sans doute dirigées par des communautés d'éleveurs régionaux, — d'où parfois la référence à leur lieu de provenance.


Aujourd’hui encore, cette façon de classifier les chevaux a toujours cours sur les marchés à bestiaux, dans les pays où le cheval est encore utilisé comme force de travail ou comme moyen de déplacement. Les souks égyptiens offrent aux acheteurs les « tireurs de carro » (charette), les « élégants » pour voiture de ville, les « fringantes » mais froides montures de polos, les « habiles dancing-horse », etc… De façon générale, les juments sont dédiées à la reproduction, tandis que les mâles, souvent gardés entiers, sont vendus pour la monte ou le travail.

Cheval au

moyen âge