Haras des Mirys

 

Origines et ancienneté

Cette couleur nous ramène une fois encore en Asie centrale. Au Ve s. av. J.-C., Hérodote célèbre les chevaux nisséens, élevés dans la plaine de Médie (au nord de la mer Caspienne) et rapporte que les chevaux blancs étaient considérés comme sacrés dans la cour de Xerxès Ier. Alors que la notion de races, au sens moderne du terme, — avec une généalogie et des caractéristiques physiques bien établies —, est difficilement applicable au monde antique, qu'il faudrait parler de types ou même de fonctions de l’équidé quand on se réfère à ces époques reculées, les chevaux nisséens consacrés constituent l’exception.

Oppien d’Apamée, qui vivait en Syrie au IIIe s. av. J.-C., décrit très précisément ce cheval obtenu par une sélection rigoureuse. Robe blanche et crins dorés, voilà deux critères de couleur bien difficiles à réunir et qui expliquent la rareté et le prestige de ces chevaux, les faisant chevaux consacrés, mais également cadeaux princiers. Alexandre le Grand en laissera une autre description admirative :  « … parmi tous les  chevaux du monde il n’y aucun qui ressemblât à ceux de Nyssea ; ils sont ardents, rapides, très résistants, de pelage blanc, irisé, ayant aussi la couleur du crépuscule du matin ».

Etalon PRE

double pearl et gris

Cheval syrien - tombe de Rekhmiré

Debitoso PM

PRE crème-pearl sur base baiel

Yeguada Paco Marti

Ismaeli

PRE double-pearl sur base baie

Yeguada Paco Marti

Bronco PM

PRE crème-pearl

Yeguada Paco Marti

Les chevaux vainqueurs

de Torre de Palma

Espagne - attelege de chevaux vainqueurs - époque romaine

Torre de Palma

Torre de Palma

Chevaux pearl dans l'histoire

Cette peinture d'un cheval syrien décorant la tombe de Rekhmiré, datant du XVe siècle av. J.-C. (Égypte pharaonique), montre le premier cheval double pearl peint par la main de l'homme. :  un fond de robe très clair avec des crins blonds foncés et des yeux foncés.


Cette robe découle d'une rare association de deux gènes sur une robe de base noire : le gène Pearl découvert récemment chez les chevaux ibériques et dans certaines races du nouveau monde (mettant ainsi en lumière leur lien avec les chevaux des Conquistadors) et le gène gris. La présence de cette couleur sur des chevaux orientaux pointe la filiation qui existe entre les chevaux ibériques modernes et les anciennes souches asiatiques. En effet, pour fixer une telle robe dans une race, il est presque inévitable de pratiquer des croisements consanguins, surtout quand il s’agit d’un gène non dominant, dit récessif (nécessité de la présence de deux allèles identiques pour que la dilution soit active). C’est la difficulté de repérer les individus porteurs qui impose un tel choix et sans doute l'idée que la rareté marquait le divin, ce qu'il fallait préserver par la voie de la consanguinité… Il y aurait certainement à enrichir la réflexion sur ce thème.

Je vous invite à relire la Brêve d'histoire I : les Mirys avant d'aller plus avant dans ce texte.

Cette caractéristique pour le moins originale, robe blanche et crins dorés, n’a pas beaucoup de solution en terme de génétique, et dans tous les cas, elle fait intervenir des gènes rares de dilution ou de modification sur une robe qui doit être de base noire ou baie, condition incontournable pour obtenir la teinte beige dorée des crins.

Le pearl est passé jusqu'en Europe dès l'époque romaine où il a été fixée sur les chevaux ibériques : pour preuve la mosaïque d’une riche villa romaine de Torre de Palma, près d’Alentejo, exposée au musée de Conimbriga (Portugal) où elle célèbre l’engouement pour les courses de chars dans l’Antiquité. Les chevaux vainqueurs qui y sont représentés et dont je présente ici quelques extraits offre un témoignage unique pour le goût déjà en vogue des chevaux de couleurs, et notamment des chevaux de robe crème et pearl.