Haras des Mirys

 



L'origine des chevaux pie remonte à la plus haute antiquité. Les premiers chevaux qui furent introduits en Égypte, au cours de la XVIIIe dynastie (autour de 1500 av. n. è.), portaient, pour certains, des patrons de robe pintado. Par définition, un cheval pie présente des tâches blanches réparties sur une robe colorée ; la peau est rose sous le poil blanc et foncée sous les parties colorées.

Dans l'iconographie occidentale du Moyen Âge, les pies sont extrêmement rares car le mélange avec le sang oriental n'a été que très faiblement consommé ; seul le patron sabino est représenté, caractérisé par des balzanes hautes chaussées et de grandes listes blanches. À la même époque (XIVe siècle), on remarque dans l'iconographie chinoise de petits chevaux mongoles portant des robes tobiano et sabino étendu. On en trouve également en Inde sur des miniatures, ou en Perse.




À partir du XVIe siècle, les cours d'Europe préfèrent le cheval élevé en Espagne, pour son port altier, ses allures relevées et son caractère. En France et en Espagne, genets et chevaux baroques portaient des patrons de robes pies.






Cette préférence s'envole au XVIIe siècle, et dans l'art, le cheval pie devient l'archétype du cheval originel, en témoigne l'oeuvre de Rubens. Nombre de peintre, pour les plus réputés Gericault et Hamilton, les prendront comme modèle. Au haras de Lipica, fondé en 1580 par l'Archiduc Charles II, on travaille au développement d'une race nouvelle fondée sur le croisement de souches espagnoles, italiennes et de chevaux du Karst. Acquis en 1749, l'étalon reproducteur Toscanello transmet sa robe pie, très prisée à l'époque.


Le "Fameux", cheval du Roi de la collection du Maréchal de Tessé, est sans doute l'un de ces représentants. En France, quand Napolèon remit au goût du jour les carrousels de l'époque des lumières, sous la forme de défilés ordonnés, l'uniformisation fut de mise. On chercha alors des robes unies, foncées ou claires, les plus simples à produire où dominent bientôt le bai et le gris. Cette tendance fut suivie par les Haras Nationaux, dans leur gestion des reproducteurs. Napoléon fut le dernier empereur à se faire représenter monter sur un cheval pie.




Sur le continent américain, après la ré-introduction du cheval par les colons espagnols, les Amérindiens élevèrent de façon privilégiée les chevaux pie et tachetées. Grâce à cette sélection, une grande diversité de gènes de couleur fut conservée : tobiano, overo, tovero, sabino, rabicano, balzan, sans oublier le très rare manchado, représenté de façon privilégiée en Amérique du Sud.

 

Egypte - XIVe s. av. J.-C.

Patron sabino alezan

Egypte

XVe s. av. J.-C.

Patron tobiano bai

Cirque mongol - XIVe s.

Patron sabino bai

Europe - XVIe siècle

Patron balzan alezan sur un paledroi

Europe - XVIIe siècle

Patron ovéro silver chocolat sur un destrier

Europe - cheval oriental -XVIe s. Patron sabino alezan sur un coursier

Le comte de Rochefort - XVIIe siècle

Patron tobiano palomino sur un genêt

Le Fameux - XVIIIe siècle

Patron tobiano isabelle sooty

Cheval Tang, Chine, VIIe-Xe s.

Cheval d'Amérique du Sud à la robe manchado

Europe - XIVe s.

Patron sabino noir

sur un destrier

Patron tovero noir - Hamilton

Origines et ancienneté

Chevaux pintados

Chevaux Pintados